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Rimbaud a Aden

Posted by adenfrancais sur avril 11, 2011

Rimbaud a Aden

Arthur Rimbaud arrive lui à Aden en août 1880 après de nombreux vagabondages, en Allemagne, en Italie, en Autriche. Il s’engage même dans l’armée coloniale néerlandaise pour aller mâter une révolte dans l’île de Sumatra. Il déserte, revient en Europe qu’il parcourt à nouveau, Danemark, Suède, Allemagne, Italie, avant de s’embarquer pour l’Egypte puis Chypre et enfin Aden. Il travaille pour Alfred Bardey lequel est chargé d’implanter en Afrique orientale la maison Mazerand-Vianney-Bardey spécialisée dans le commerce de l’ivoire, des cotonnades et du café.

« … c’est un roc sans un brin d’herbe ni une goutte d’eau bonne : on boit de l’eau de mer distillée. La chaleur y est excessive et tout est très cher ».

De 1880 à 1883, Rimbaud mène ses activités pour la maison Bardey en Ethiopie, au Harar. Il s’occupe de science et d’exploration, et commande du matériel de photographie dont il espère tirer quelque profit. En 1882, à Paris, paraît un roman de Félicien Champsaur, intitulé Dinah Samuel, qui met en scène Rimbaud sous le nom crypté d’Arthur Cimber. Dans un chapitre du roman, un peintre impressionniste tente de convaincre un homme de lettres que Rimbaud est le plus grand poète qui soit. À titre de preuve, il récite deux strophes des « Chercheuses de poux ».

En 1883, Rimbaud repart d’Aden pour Harar où Bardey le charge d’entreprendre des explorations dans le Somali et le pays Galla.

«Pour moi, je regrette de ne pas être marié et avoir une famille. Mais, à présent, je suis condamné à errer, attaché à une entreprise lointaine, et, tous les jours, je perds le goût pour le climat et les manières de vivre et même la langue de l’Europe. Hélas ! à quoi servent ces allées et venues, et ces fatigues et ces aventures chez des races étranges, et ces langues dont on se remplit la mémoire, et ces peines sans nom, si je ne dois un jour, après quelques années, pouvoir me reposer dans un endroit qui me plaise à peu près et trouver une famille, et avoir au moins un fils que je passe le reste de ma vie à élever à mon idée, à orner et à armer de l’instruction la plus complète qu’on puisse atteindre, et que je voie devenir un ingénieur renommé, un homme puissant et riche par la science” Arthur Rimbaud. « Correspondance du 6 mai 1883

En 1884, la maison Bardey, en difficulté, liquide. Rimbaud reprend en avril la route d’Aden où il demeure au chômage, désespéré de voir s’amenuiser ses économies. Par chance, Bardey, qui a réussi à monter une nouvelle affaire, engage Rimbaud.

« Si donc le travail reprend ici, je serai probablement réengagé, pour quelques années, deux ou trois ans, jusqu’à juillet 86 ou 87. J’aurai 32 ou 33 ans à ces dates. Je commencerai à vieillir. Ce sera peut-être alors le moment de ramasser les quelque vingt mille francs que j’aurai pu épargner par ici, et d’aller épouser au pays, où on me regardera seulement comme un vieux et il n’y aura plus que des veuves pour m’accepter ! “

A Paris sa réputation ne cesse de grandir et au cours de l’été 1886, la revue « La Vogue » publie les Illuminations avec comme introduction cette phrase : Il a maintenant dans les trente-deux ans, et voyage en Asie où il s’occupe de travaux d’art. Comme qui dirait le Faust du second Faust, ingénieur de génie après avoir été l’immense poète vivant élève de Méphistophélès et possesseur de cette blonde Marguerite

Après une tentative éprouvante de trafic d’armes avec le royaume abyssin en 86 et 87, Rimbaud est de retour à Aden en octobre 87 avant de repartir au Harar en 88 pour y monter un comptoir de café, gomme, peaux de bêtes, cotonnade, ivoire, or, ustensiles manufacturés et de chameaux pour caravanes.

Par Marat –

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